CONFUSION SUR LE RÔLE DU CADRE

Les compétences du cadre n’ont pas besoin d’être techniques.

 

Depuis toujours, le rôle de cadre est très mal compris au sein des organisations.

On croit incorrectement que le cadre doit connaître et apporter toutes les réponses aux questions de son personnel.

On commet cette méprise lorsque l’on suppose qu’un cadre (et tout responsable de département) doit être spécialisé dans le domaine en question, et détenir toutes les connaissances. On se trompe lorsqu’on s’attend à ce qu’il soit très technique.

C’est un peu comme s’il fallait que le chef d’orchestre soit le meilleur pianiste, le meilleur violoniste ou le meilleur trompettiste également.

Quand on réfléchit de près à ce concept, on réalise que cela ne tient pas la route.

 

Étonnamment, cette préconception erronée n’a jamais été remise en question auparavant.

Cette idée reçue découle de la croyance irrationnelle, mais répandue que la réponse doit inévitablement toujours venir d’en haut, d’un supérieur. On continue de croire que les problèmes doivent monter vers le haut : « Si tu as une question, va voir ton supérieur ». C’est pour cette raison que l’on présume qu’un cadre doit tout connaître et tout résoudre.

C’est aussi ce qui explique les fâcheux critères de sélection et d’embauche d’un cadre. Le pauvre se doit aussi d’être un excellent pianiste pour se voir offrir le poste de chef d’orchestre.

En fin de compte, c’est ce qui motive encore aujourd’hui les organisations à placer des cadres techniques qui ne savent pas du tout diriger, et qui connaissent très mal leur rôle de cadre.

 

Ce n’est pas parce que vous substituez votre meilleur joueur de hockey à votre coach actuel que votre joueur étoile sera un coach du tonnerre et qu’il endossera ce rôle avec brio.

Être joueur de hockey et être coach ne sont pas les mêmes rôles.

Être joueur de hockey, c’est porter le chapeau de joueur de hockey. Être coach, c’est porter le chapeau de coach.

Bien qu’il soit entendu que le coach doit bien comprendre le rôle de chaque joueur de l’équipe pour les diriger avec habileté, cela ne signifie pas qu’il soit nécessairement lui-même le meilleur joueur offensif, défensif ou autre.

Le coach a son propre rôle à exercer.

De la même façon, le chef d’orchestre doit bien saisir le rôle de chaque musicien au sein de l’orchestre. Mais comprenez qu’il a son propre rôle à remplir.

 

 

QUELQUES ABERRATIONS ET CONCEPTS ERRONÉS

 

  • Premier concept erroné : le cadre dit quoi faire ou ne pas faire.
  • Deuxième concept erroné : tout problème s’achemine systématiquement vers le haut.
  • Troisième mauvais concept : le cadre décide de tout.
  • Compréhension inadéquate du véritable fonctionnement d’un organigramme de chapeaux.
  • Compréhension partielle ou incomplète de l’importance fondamentale des chapeaux.
  • Compréhension limitée du rôle de cadre.

 

Les postes de cadre restent vacants ou sont pourvus par des personnes qui n’accomplissaient pas leur rôle de cadre en raison de tous ces concepts erronés et de ces incompréhensions. Chaque fois, les entreprises en ressentent à coup sûr les multiples effets secondaires nuisibles, comme une équipe qui perd immanquablement, malgré de bons joueurs, mais sans fonctionnement optimum.

 

Point n’est besoin d’être comptable pour diriger un bureau de comptables.

Point n’est besoin d’être vendeur pour diriger un département des ventes.

Point n’est besoin d’être ingénieur pour diriger un département d’ingénierie.

 

Diriger un département demande un savoir-faire managérial. Pour diriger une équipe, il faut acquérir les qualités nécessaires pour ensuite faire preuve de leadership. Ces qualités se cultivent et elles s’apprennent.

 

Être dirigeant, être cadre, c’est un rôle en soi.

Le cadre supervise. Bien entendu, il sait ce qui doit être fait.

Il connaît le travail qui doit être fait. En outre, il sait que telle ou telle politique doit être respectée et il fait en sorte que celles-ci soient respectées.

 

Prenons l’exemple d’un responsable d’un bureau de comptables. Ce dernier sait qu’il y a une politique très claire sur la manière de recouvrer un compte en souffrance. Par conséquent, il s’assure du respect de cette politique. Au besoin, il intervient! Point n’est besoin d’être spécialiste comptable pour assurer la bonne tenue d’un bureau de comptables.

 

Il existe des personnes très techniques, des excellents comptables par exemple, incapables de rassembler, de communiquer avec leur personnel et de diriger leur équipe.

 

En ce qui concerne les questions techniques d’un employé, rappelons que cet employé n’est pas tenu de communiquer uniquement vers le haut, en passant par le cadre. Il peut s’enquérir d’une réponse auprès d’un collègue, subalterne ou autre, en jetant un œil au tableau d’organisation de l’entreprise ou de l’équipe pour obtenir réponse à sa question. Il peut même demander à un sous-traitant, s’il le faut.

 

Une personne qui porte un chapeau est un spécialiste. Elle est la spécialiste de son/ce chapeau. Ainsi, chaque porteur de chapeau est un spécialiste. Il ou elle détient les réponses qui concernent son chapeau. S’il ne les a pas, il se réfère à la bonne personne, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise, mais il trouve la réponse relative à son poste et à son chapeau.

 

Ce n’est pas le rôle du cadre de trouver les réponses. Tant mieux s’il peut aider. Mais ce n’est pas son rôle.

Son rôle est de superviser; de coordonner son personnel vers l’accomplissement d’un objectif. Le cadre inspecte puis établit des politiques pour enrayer des situations fâcheuses et assurer qu’elles ne se reproduisent plus. Le cadre aide son personnel. Il voit au bon fonctionnement de son département. Son rôle n’est PAS de faire le travail!